C’est un scénario courant; une victime d’eczéma, désireuse de soulagement, se retrouve à la recherche d’un remède à son état. Aujourd’hui, les remèdes dits «naturels» sont l’une des plus grandes tendances tirées de cette recherche d’une solution miracle. Des huiles «biologiques» aux crèmes «propres», il existe d’innombrables produits commercialisés comme remèdes non toxiques contre l’eczéma, malgré le manque de preuves scientifiques. Ces produits se positionnent comme des alternatives plus vertes et plus holistiques aux produits développés par synthèse. Cependant, ce n’est pas parce qu’un produit est «naturel» qu’il est intrinsèquement sûr, en particulier pour les personnes atteintes d’eczéma. Bien que les produits naturels puissent être des ajouts utiles aux schémas thérapeutiques des patients, lorsque nous examinons de plus près certains de ces produits, nous constatons que bien que leurs ingrédients puissent être d’origine naturelle, ils peuvent irriter la peau atteinte d’eczéma, ou même déclencher un «flare-up» d’eczéma.

Alors que les remèdes traditionnels et homéopathiques existent depuis des éons, la récolte actuelle de produits «naturels» est apparue en grande partie au cours des deux dernières décennies. Selon Santé Canada, jusqu’à 71% des Canadiens ont utilisé des produits de santé naturels. On peut comprendre cette tendance comme une réaction à une perte de confiance des consommateurs (souvent consécutive à un scandale autour de la sécurité d’un produit), à des doutes (fondés ou non fondés) sur la sécurité de certains ingrédients couramment utilisés dans les soins de la peau, ou à la frustration de l’absence d’un remède conventionnel à une maladie. Cette tendance capitalise également sur notre perception que les produits de santé naturels sont en quelque sorte automatiquement plus sûrs que leurs homologues synthétiques, malgré le manque de preuves solides. Pourquoi donc? Le Centre national pour la santé complémentaire et intégrative postule que notre «préférence pour les choses naturelles implique une gamme d’idées, y compris la croyance que la nature est pure et intrinsèquement supérieure aux humains». Cette hypothèse a été transformée en une industrie de 34,12 milliards de dollars par des entreprises comme Goop, dont le fondateur Gwyneth Paltrow a déclaré dans Vogue: «L’idée que vous vous entraînez et essayez de bien manger, puis vous vous enduisez de produits chimiques, de parabènes et de silicones – c’est pas génial. »

L’un des obstacles présentés par ce mastodonte d’une industrie est la réglementation des allégations comme «naturelles» et «biologiques». Au niveau de base, nous pouvons comprendre que ces allégations signifient que les ingrédients de ces produits sont d’origine végétale, mais ils ne confère rien de plus. On ne sait pas non plus quels effets indésirables peuvent en résulter, comme des réactions allergiques ou, dans le cas de l’eczéma, le déclenchement ou l’aggravation d’une poussée. Les extraits des herbes et des fleurs, qui contiennent des produits chimiques organiques, sont particulièrement responsables des poussées d’eczéma.

Au Canada, nous avons des règlements sur les produits de santé naturels qui traitent des «ingrédients médicinaux, source, dose, puissance, ingrédients non médicinaux et utilisation recommandée». Seuls les produits qui répondent à ces critères reçoivent un numéro de produit naturel (NPN) ou un numéro de médicament homéopathique (DIN-HM), il est donc essentiel de vérifier les étiquettes pour ces informations.

Lorsque vous cherchez à traiter l’eczéma, les critères les plus importants pour tout produit sont qu’il soit sans irritant, sans parfum et sans colorant. Gardez toujours à l’esprit que même si un produit est commercialisé comme «non toxique» ou «biologique», il ne respecte pas nécessairement ces critères. Parlez donc à votre médecin avant d’ajouter des produits à votre régime et signalez tout effet indésirable à Santé Canada.